JFN 2021, une édition lilloise couronnée de succès

Plus de 2 000. C’est le nombre de participants réunis cette année lors des Journées francophones de nutrition (JFN). Coorganisé par la SFNCM et la SFN, l’évènement, qui s’est déroulé à Lille en novembre dernier, a ainsi permis à ce public nombreux de profiter, physiquement mais aussi à distance, du vaste programme élaboré pour l’occasion. Plus de trente thèmes ont en effet été abordés. Parmi eux, un sujet a particulièrement résonné avec l’actualité : celui des liens entre nutrition et Covid-19. « Ce thème nous a paru intéressant étant donné le nombre d’informations diverses et variées, vraies pour certaines, fausses et contradictoires pour d’autres, concernant cette crise sanitaire », a expliqué le Pr Jean-Marie Bard, modérateur de la deuxième session plénière de ces JFN.

Une session qui a été l’occasion, pour le Pr Éric Bertin, vice-président de la SFN et spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition, de faire le point sur les facteurs nutritionnels associés à la Covid-19.

L’obésité, situation à risque

En un an et demi, plus de 4 000 articles scientifiques sur ce thème des liens entre nutrition et Covid-19 ont été publiés. Une masse d’informations au sein de laquelle se côtoient des études de qualité inégale, comme l’a d’emblée fait remarquer le Pr Bertin : « Il est étonnant de voir des papiers avec parfois seulement une vingtaine de sujets inclus ; et dans lesquels les facteurs de comorbidité sont à peine analysés, tout comme les interférences potentielles des thérapeutiques anti-Covid ou de ses complications, ainsi que les effets des variants du virus ». Malgré des résultats à prendre, donc, avec précautions, certains aspects se dessinent clairement, à commencer par la situation à risque constituée par l’obésité. « Des méta-analyses montrent que chez les personnes atteintes d’obésité, le risque de contracter l’infection est 46 à 78 % plus élevé par rapport aux sujets de poids normal », a en effet pointé le Pr Bertin. Et plus l’IMC est élevé, plus le risque de forme sévère est important, comme l’ont révélé plusieurs études réalisées à travers le monde. « La fonction respiratoire, notamment, est altérée chez le patient atteint d’obésité, et ce de façon proportionnelle à l’IMC », a ainsi mis en lumière Éric Bertin, aux côtés d’autres mécanismes liés au métabolisme, à l’immunité ou encore au tissu adipeux.

Un risque important de dénutrition

La Covid-19 est également une situation à risque de dénutrition. En cause notamment, les troubles du goût et de l’odorat qui surviennent fréquemment en cas d’infection, mais également les troubles digestifs, l’inflammation aiguë ou encore l’asthénie.

« Les taux rapportés en France sont de 30 à 42 % de dénutris sévères [chez des patients hospitalisés pour Covid-19] », a ainsi souligné le Pr Bertin. Une dénutrition qui augmente le temps d’hospitalisation et la mortalité liée à la maladie.

De l’importance de certains micronutriments

Enfin, ce sont également des relations entre état nutritionnel et Covid-19 qu’a mises en avant le Pr Bertin, en offrant aux congressistes un focus sur cinq micronutriments : acides gras oméga-3, sélénium, zinc, ainsi que vitamines A et D. Un exposé à l’issue duquel le spécialiste a proposé trois mesures de prévention par les micronutriments des contaminations et des formes sévères : une supplémentation en vitamine D l’hiver pour tous et tout au long de l’année chez les personnes de plus de 65 ans ou obèses ; une majoration des apports en zinc et sélénium chez les sujets âgés fragiles ou dépendants et les végétariens ; ainsi qu’une supplémentation orale systématique en sélénium en cas d’infection par le SARS-CoV-2.

Malgré des formes cliniques souvent respiratoires, la Covid-19 est aussi une question de nutrition, comme ont été l’occasion de le rappeler ces JFN 2021.