Insécurité alimentaire : un risque augmenté d’obésité ou de surpoids

Une méta-analyse récente publiée par une revue scientifique étudie une situation paradoxale : les personnes en insécurité alimentaire présenteraient un risque augmenté de se retrouver en situation d’obésité ou de surpoids. Un déséquilibre des apports/dépenses énergétiques et une série de mécanismes physiologiques sont pointés du doigt.

Par Laurent Feneau, publié le 17 novembre 2023

Insécurité alimentaire : un risque augmenté d’obésité ou de surpoids

The Royal Society a publié la méta-analyse Food insecurity as a cause of adiposity, relative à l’augmentation des risques de développer un surpoids ou une obésité chez les personnes en insécurité alimentaire. Très documenté, le sujet a donné lieu à de nombreuses publications issues d’observations chez l’humain et l’animal. Les deux auteures de la synthèse ont donc pu examiner les mécanismes et établir cette situation a priori paradoxale. Ainsi, il apparaît que le risque est augmenté de 20% sur l’ensemble de la population et peut même monter à 50% dans le cas de femmes adultes vivant dans des pays à hauts revenus.

Des facteurs nutritionnels et psychologiques

L’incertitude relative aux apports énergétiques pourrait ainsi être à l’origine soit d’une hausse énergétique, soit d’une diminution des dépenses énergétiques, soit d’une combinaison des deux. Pour expliquer ce mécanisme, les scientifiques avancent que pour répondre au déficit énergétique, le corps mettrait en place une série de mécanismes tant physiologiques que comportementaux visant à augmenter les réserves de graisses corporelles. Soit une sorte de provision qui permettrait de supporter d’éventuels futurs épisodes de manque.